« extraits de l’ouvrage »LE CAMP DE REPOS ETERNEL
… Comment se déroule votre arrivée ?
Nous arrivons d’abord à un baraquement un peu à l’écart du camp, où nous nous déshabillons pour nous doucher et être désinfectés. Puis c’est la sélection : il y a le groupe des valides dont je fais partie et celui des grands malades. Ceux-ci, complètement dévêtus, et conduits dans une baraque dans le fond du camp, couchent à même leur paillasse …
… Quelle impression vous donne ce camp de repos ?
J’ai tout de suite une mauvaise impression, je pense très vite que nous sommes dans un camp de repos …éternel …
… Etes-vous toujours infirmier ?
Je ne suis plus infirmier car à Vaihingen ils ne m’ont pas accepté parmi eux et je suis resté un certain temps parmi les malades. Tous les postes clés (chef de camp, schreiber (secrétaire), docteurs, dentistes, kapos etc) sont occupés par des Polonais …
… Que font-ils des cadavres s’il n’y a plus de fours crématoires ?
Un kommando transporte les cadavres à l’extérieur du camp pour les déverser dans les fosses communes. Un jour, je suis appelé par le schreiber à rejoindre le chef de camp qui souhaite parler français …
… Combien de temps restez-vous dans ce camp de la mort lente ?
Du 20 décembre 1944 jusqu’au 8 avril 1945, date à laquelle le camp est libéré, je perds peu à peu la plupart de mes amis, dont les 4 Deux Sèvriens qui me suivent continuellement depuis le convoi de la mort …